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Le plastique en cantine scolaire est-il en train de disparaître ?

Table des matières

Notre expertise en audit

Une assiette qui se fend, un gobelet qui jaunit, des couverts qu’on remplace chaque trimestre : le plastique fait partie du décor de milliers de cantines depuis des décennies. Ce décor est en train de changer. Le 4 juin 2026, les députés ont voté un texte qui pourrait bien sonner la fin de la vaisselle plastique là où mangent les enfants. Pour les gestionnaires de restauration collective, la question n’est plus de savoir si le plastique va partir, mais quand, et surtout comment s’y préparer sans subir.

La réponse directe

Le plastique n’est pas encore totalement interdit, mais il s’en approche. Le 4 juin 2026, l’Assemblée nationale a adopté en première lecture une proposition de loi qui étend l’interdiction du plastique en cantine à toute la vaisselle (assiettes, gobelets, couverts et récipients), et non plus seulement aux contenants de cuisson et de réchauffe. Le texte doit encore être examiné par le Sénat avant d’entrer en vigueur. Pour les établissements scolaires, les crèches et plus largement la restauration collective, le signal est clair : anticiper dès maintenant le remplacement du plastique est le choix le plus sûr.

Qu’est-ce que l’interdiction du plastique en restauration collective ?

L’interdiction du plastique en restauration collective désigne l’ensemble des règles qui visent à retirer le plastique des contenants et de la vaisselle en contact avec les aliments servis aux convives, en particulier les enfants. Elle repose sur deux lois : la loi EGAlim du 30 octobre 2018, dont l’article 28 interdit les contenants de cuisson, de réchauffe et de service en plastique dans les cantines scolaires, universitaires et les établissements accueillant des enfants de moins de six ans ; et la loi AGEC du 10 février 2020, qui étend cette interdiction aux services de pédiatrie, d’obstétrique, de maternité, aux centres périnataux et aux services de protection maternelle et infantile.

Cette interdiction est entrée en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2025. Les collectivités de moins de 2 000 habitants bénéficient d’un report jusqu’au 1ᵉʳ janvier 2028. Jusqu’ici, le périmètre exact restait flou : la loi parlait de « contenants », sans préciser si la vaisselle de service entrait dans le champ. C’est précisément ce flou que le vote du 4 juin entend lever.

Pourquoi une nouvelle loi alors que l’interdiction existe déjà ?

Parce que le périmètre de l’interdiction a été contesté en justice. Le décret n° 2025-80 du 28 janvier 2025 avait tenté de définir les contenants visés en y incluant explicitement la vaisselle, c’est-à-dire les assiettes, les gobelets et les couverts utilisés par les convives. Cette définition a été attaquée par le syndicat professionnel Plastalliance, et le Conseil d’État, dans sa décision du 8 avril 2026, a annulé la partie du décret qui définissait ces contenants.

Conséquence : l’interdiction des contenants de cuisson, de réchauffe et de service reste applicable, mais une incertitude juridique est réapparue sur la vaisselle de service proprement dite. Pour sécuriser le dispositif, la députée Graziella Melchior (Ensemble pour la République, Finistère) a déposé une proposition de loi, co-portée par Véronique Riotton, qui inscrit noir sur blanc dans la loi les « gobelets, assiettes, récipients et couverts » en plastique parmi les objets interdits dans les établissements accueillant des publics vulnérables. Selon l’Assemblée nationale, le texte a été adopté en première lecture le 4 juin 2026 par 72 voix pour, 17 contre et 2 abstentions, avant d’être transmis au Sénat.

Pourquoi vouloir retirer le plastique des cantines ?

La raison invoquée par les parlementaires et les associations est sanitaire. Le plastique, surtout réchauffé et utilisé de façon répétée, peut se dégrader et libérer des microplastiques et des substances suspectées d’être des perturbateurs endocriniens. Les enfants y sont particulièrement sensibles.

Les chiffres sont parlants. Une étude publiée en 2020 dans la revue Nature Food a estimé qu’un nourrisson de douze mois ingère en moyenne 1,5 million de microplastiques par jour, notamment à cause de la migration du polypropylène des biberons dans le lait chaud. Des travaux publiés en 2025 dans la revue The Lancet, cités lors des débats parlementaires, évoquent des risques de troubles hormonaux et d’atteintes au neurodéveloppement. C’est cette accumulation de données scientifiques qui a porté un vote qualifié de quasi unanime et transpartisan par les ONG du secteur.

Quelle différence entre un contenant et de la vaisselle ?

La distinction est au cœur du débat. Un contenant alimentaire désigne les bacs, barquettes et récipients dans lesquels les plats sont préparés, cuits, transportés ou réchauffés en cuisine. La vaisselle de service, elle, désigne ce qui arrive devant le convive : assiettes, gobelets, verres, couverts, plateaux.

Jusqu’à présent, seuls les premiers étaient clairement interdits. Le texte voté le 4 juin ajoute explicitement la seconde catégorie. À noter, un point souvent ignoré des gestionnaires : le mélaminé est juridiquement considéré comme du plastique. Beaucoup d’assiettes et de plateaux réputés « incassables » tombent donc sous le coup de l’interdiction lorsqu’ils sont destinés aux enfants de moins de six ans.

Comment anticiper le changement sans tout casser ?

La transition ne se fait pas du jour au lendemain, et elle ne se résume pas à racheter de la vaisselle. Les alternatives existent déjà : l’inox et le verre trempé sont les substituts les plus courants pour le service et la remise en température. Selon la documentation de la plateforme publique « ma cantine », un fonctionnement mixte reste possible : les aliments peuvent être livrés dans des contenants en cellulose ou en plastique, puis transvasés dans des contenants non plastiques pour le réchauffage et le service. En revanche, l’argument du poids ou de l’ergonomie ne constitue pas une dérogation réglementaire.

Anticiper, c’est donc cartographier son matériel, distinguer ce qui est déjà interdit de ce qui le sera bientôt, planifier les achats sur plusieurs exercices budgétaires et former les équipes aux nouveaux usages. C’est aussi le bon moment pour articuler cette mise en conformité avec les autres obligations EGAlim (taux de produits durables et de qualité, lutte contre le gaspillage, information des convives) plutôt que de traiter chaque sujet en silo. Pour s’y retrouver, mieux vaut avoir une vision d’ensemble de la réglementation qui encadre les cantines scolaires : c’est ce qui permet de transformer une contrainte réglementaire en feuille de route opérationnelle plutôt qu’en série de mauvaises surprises.

Et au-delà des cantines scolaires ?

Si le texte du 4 juin cible les publics jeunes et vulnérables, la dynamique dépasse largement l’école. La pression réglementaire sur le plastique à usage unique concerne l’ensemble de la restauration collective : établissements de santé, EHPAD, restauration d’entreprise. Un gestionnaire qui anticipe aujourd’hui dans ses cantines scolaires prend une longueur d’avance pour le reste de son parc, et évite de subir des échéances en cascade.

C’est exactement le terrain sur lequel VICI accompagne les acheteurs publics et les gestionnaires depuis près de 40 ans. Les experts VICI interviennent en audit et en assistance à maîtrise d’ouvrage pour sécuriser les achats alimentaires et de matériel, intégrer les obligations EGAlim dans les marchés et piloter les transitions sans rupture de service. Côté outils, le logiciel de gestion AidoMenu, connecté à la plateforme « ma cantine », aide les cuisines à suivre leurs indicateurs réglementaires et à documenter leur conformité au fil de l’eau. Pour les structures qui veulent objectiver leur situation avant d’investir, le guide des obligations des collectivités en restauration scolaire pose les bases d’un diagnostic clair sur le matériel, les pratiques et les marges de progression.

La conclusion : faire de la contrainte un avantage

La fin du plastique en cantine n’est plus une hypothèse lointaine, c’est une trajectoire engagée. Les gestionnaires qui l’anticipent éviteront l’achat dans l’urgence, lisseront leurs dépenses et valoriseront leur démarche auprès des familles et des convives. VICI propose justement ce regard d’expert qui relie réglementation, achats, matériel et logiciel : transformer une obligation subie en projet maîtrisé, c’est tout l’objet de l’accompagnement proposé par l’équipe VICI, au service d’une meilleure restauration.

Points clés à retenir

  • 🗳️ Le 4 juin 2026, l’Assemblée nationale a adopté en première lecture l’interdiction de toute la vaisselle plastique dans les cantines accueillant de jeunes publics.
  • ⏳ Le texte n’est pas encore définitif : il doit passer au Sénat avant d’entrer en vigueur.
  • 🍽️ La nouveauté, c’est l’extension aux assiettes, gobelets, couverts et récipients, et plus seulement aux contenants de cuisson et de réchauffe.
  • 👶 L’objectif est sanitaire : un bébé ingère en moyenne 1,5 million de microplastiques par jour selon une étude Nature Food de 2020.
  • ⚖️ Cette loi vient sécuriser un dispositif fragilisé par l’annulation partielle du décret par le Conseil d’État en avril 2026.
  • 🥄 Le mélaminé compte comme du plastique : beaucoup de matériel « incassable » est concerné.
  • 🔧 Les alternatives existent (inox, verre trempé) et la transition se planifie sur plusieurs exercices.
  • 🧭 VICI accompagne audit, AMO, achats et conformité EGAlim pour anticiper sans subir.

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